Synthèse de la table-ronde à Naples

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Table ronde  « Les patrimoines littoraux face aux risques : évaluation, gestion, perspectives / Il patrimonio litorale a rischio : valutazione, gestione e prospettive », 20 octobre 2015.

Une synthèse de Sylvie Laurens

 

Avec la participation de : E. A. Stanco (Surintendance archéologique de la Campanie), L. M. Rendina (Università di Tor Vergata), A. Bertini (CNR, ISSM) ; O. Crouteix (Conservatoire du Littoral), M. A. Di Vito (Osservatorio vesuviano), S. Porfido (CNR, IAMC, Dipartimento Scienze del Sistema Terra e Tecnologie per l’Ambiente).
Modératrices : Claude Pouzadoux (Centre Jean Bérard, CNRS-EFR), Brigitte Marin (Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, AMU-CNRS)
Cette table ronde, réunissant huit spécialistes issus de diverses disciplines, se proposait de confronter et de croiser les regards scientifiques autour d’une problématique commune : les patrimoines littoraux face aux risques. Les huit communications, largement illustrées d’exemples concrets, ont été suivies de fructueux échanges à l’issue de chacune des trois thématiques abordées : 1. Patrimoine archéologique littoral sous-marin  – 2. Patrimoines naturels et conservation de la biodiversité  – 3. Risques sismiques et transformation des paysages littoraux.

Nous vous livrons ici les conclusions et les messages de sensibilisation qui ont clôturé cette après-midi de débat.

« Le choix qui a été fait de la confrontation de diverses disciplines, d’expériences régionales et nationales, françaises et italiennes, s’est révélé un choix pertinent et fructueux. Puisse-t-il augurer de nouvelles recherches transdisciplinaires et de la mise en œuvre de décisions utiles et nécessaires » (Claude Pouzadoux, directrice du Centre Jean Bérard)

Les orateurs étaient invités à conclure la table ronde tour à tour par un message personnel de sensibilisation.

Luciano Maria Rendina
Le constat : une activité humaine irraisonnée sur les territoires à risque. Les traces du passé montrent près de 10 000 ans d’utilisation diffuse du territoire ; on doit en garantir la conservation par des techniques modernes peu invasives. Ces témoignages archéologiques doivent inciter les populations contemporaines à faire le choix d’une activité humaine adaptée au territoire.
Le message : tirer les leçons du passé, effectuer un catalogage rationnel et informé des risques, être capable de prospectives.

Antonio Bertini
Le constat : une absence criante de collaboration entre les chercheurs et les structures en charge de la planification et de la gestion des territoires.
Le message : faire valoir les résultats scientifiques auprès de ceux qui détiennent le pouvoir de mettre en œuvre les politiques adéquates, valoriser les résultats des études.

Mauro Antonio Di Vito
Le constat : l’absence de communication avec le législateur : il conviendrait d’inverser le processus et de préférer au ‘top-down’ actuel un processus du bas vers le haut, pour une meilleure connaissance des territoires, et un partage avec les communautés locales. On s’obstine notamment à construire des habitats dans des lieux à haut risque connu, ce qui est une grave erreur.
Le message : connaître et faire connaître les risques de telles activités humaines, promouvoir la connaissance des phénomènes, même ceux qui sont lents, éduquer… Trois mots clés : connaissance, information, éducation.

Sabina Porfido
Le constat : l’absence de pont entre recherche et politique. La classe politique et les décideurs devraient avoir des connaissances plus étayées sur des éléments essentiels comme le paysage et la culture, pour mieux les prendre en considération.
Le message : éduquer et sensibiliser le monde politique ; faciliter la réception de l’information.

Orianne Crouteix
Le constat : Les petites îles constituent des territoires fragiles. Il convient d’utiliser ces sites comme zones de protection. De nombreuses actions de sensibilisation sont dirigées vers les jeunes, mais ces derniers n’ont pas de pouvoir de décision aujourd’hui. Les actions déterminantes doivent venir du monde politique car le pouvoir d’agir est entre les mains des générations qui administrent et gouvernent.
Le message : obtenir de la classe politique des décisions fortes dans le domaine des risques et de la protection.

 

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