Etat des lieux écologique des petites îles

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Etat des lieux écologique des petites îles de Méditerranée.

Un article d’Orianne Crouteix.

 

L’Initiative PIM a mis en place une feuille de route pour décrire les micro espaces insulaires. Celle-ci est conçue pour être utilisable par tout gestionnaire d’île ou tout observateur-prospecteur après une petite formation, et Sillage-Odyssée est un support tout à fait adapté permettant notamment d’atteindre des îlots encore peu ou pas explorés.

Lors de l’expédition nous avons traversé l’archipel toscan et l’archipel des îles Pontines. Au niveau de l’archipel toscan, nous avons réalisé cet état des lieux sur Scoglio di Portoferraio, Isola di Topi, Isola di Palmaiola, Isola di Cerboli. Dans l’archipel des Pontines, cette feuille de route a été utilisée à Dentro di Fuori au large de Palmarola, à Scoglio della Madonna, à Scoglio Rosso et à Scoglio Ravia, proche de l’entrée du port de Ponza.
Pour chaque îlot deux membres de l’équipage accostent à l’aide de l’annexe et recherchent le maximum d’informations possible.
L’état des lieux se divise en deux parties, la première rassemble les données générales et la seconde les données biologiques.
Pour la première partie, il est possible de trouver de nombreux documents sur les informations réglementaires et socio-économiques (réglementation des activités, statuts de protection, population à l’année…), d’obtenir des informations cartographiques (comme la distance à l’île principale, à la côte, la superficie de l’île, le linéaire côtier…) et, en interrogeant les gestionnaires, d’avoir des informations sur les statut de propriété, la fréquentation touristique, les actions de gestion effectuées…). Il faut néanmoins souvent compléter ces données par des observations directes sur le terrain, par exemple pour recenser la présence de sources, décrire les différents habitats et savoir s’il y a des espèces animales ou végétales envahissantes.
La seconde partie de cet état des lieux consiste à initier un inventaire de la faune et de la flore, en traversant l’îlot, en observant les différentes espèces végétales, et en relevant des indices de présence tels que des crottes, des traces de prédation, des coquilles vides de gastéropodes, etc. Nous prélevons ces indices et parfois quelques spécimens qui seront étudiés à notre retour par des naturalistes. Il est important de faire le tour de l’îlot, pour traverser les différents habitats présents, et de monter au sommet où on trouve souvent de nombreuses pelotes de réjection.

Parallèlement à l’exploration terrestre, une exploration sous-marine est effectuée selon un protocole mis en place par Septentrion Environnement (cf. l’article du 17 octobre « De petite île en petite île »).

La principale difficulté rencontrée est l’accessibilité de ces îlots. Certains sont très sauvages et leurs parois sont abruptes, il est parfois impossible d’accoster. Sur d’autres îlots nous n’avons pas pu monter au sommet, en raison de la densité de la végétation.
Toutes les données recueillies alimenteront la base de données de l’Initiative PIM. Cette base de données sera utilisée afin de réaliser l’atlas encyclopédique à destination des gestionnaires, des scientifiques et des institutions. L’objectif de cet atlas est de recenser les données disponibles à propos de ces petites îles de Méditerranée et d’élaborer une stratégie à l’échelle méditerranéenne pour les protéger, et conserver la biodiversité qu’elles accueillent.

 

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