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Neapolis : la fouille du port antique et des embarcations

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Le paysage côtier de Neapolis : la fouille du port antique et des embarcations.
Conférence du 19 octobre 2015.

Adele Campanelli*, Giulia Boetto**, Daniela Giampaola***.

* Surintendant, responsable de la Surintendance archéologique de la Campanie
** Chargé de recherche, Centre Camille Jullian, Aix-Marseille Université, CNRS – LabexMed – MMSH, Aix-en-Provence (France)
*** Directeur archéologue, responsable bureau archéologique du centre historique de Naples, Surintendance archéologique de la Campanie.

Les fouilles préventives réalisées à Naples à l’occasion des travaux pour la construction des lignes 1 et 6 de la Métropolitaine ont permis aux archéologues d’étudier l’évolution diachronique et spatiale du paysage côtier de la ville depuis les premiers travaux d’aménagement des fonds marins de la fin di IVe s. av. n. ère jusqu’au comblement du bassin portuaire gréco-romain à l’époque byzantine et aux transformations de ces espaces littoraux aux époques successives, médiévale et moderne.

Lors de cette conférence, les découvertes les plus récentes réalisées à Piazza Municipio sont présentées au public. L’organisation topographique du paysage côtier et du port, les premiers résultats issus des observations réalisées sur les infrastructures (quais, voirie et bâtiments fonctionnels) et sur les vestiges conservés des embarcations abandonnées à l’époque impériale dans le bassin portuaire seront traités.

Ces nouvelles épaves découvertes à Naples s’ajoutent aux vestiges des trois embarcations mises au jour lors des fouilles archéologiques de 2004. Elles représentent non seulement un témoignage remarquable de l’activité portuaire de la ville de Naples à l’époque antique, mais aussi une source archéologique de valeur inestimable permettant l’étude des caractéristiques de la construction navale locale depuis le choix du matériau-bois et la conception de la structure et des formes jusqu’aux techniques mises en œuvre par les charpentiers de marine.

 

Copyright des deux premières photos du carrousel sur les fouilles : Philippe Groscaux, photographe Centre Camille Jullian.

Les autres photos ont été prises lors de la visite du musée de Naples par l’équipage de Sillage-Odyssée.

 

  • Dessus-dessous
  • Ploingeuse
  • Tombant
  • Paroi rocheuse
  • Relevé sous-marin
  • Parazoanthus
  • Tapis d'éponges
  • Relevé sous-marine
  • Girelle et castagnoles
  • Rouget
  • Posidonies
  • Caulerpa prolifera -Scoglietto de Portoferraio

De petite île en petite île, avec Septentrion-Environnement

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De petite île en petite île, les fonds marins passés à la loupe.

Un article de Solène Basthard-Bogain.

 

« Caractériser » les fonds marins signifie dresser un portrait de l’état écologique d’un site à un instant donné pour rendre compte de ses spécificités.

Dans le cadre de SILLAGE, et faisant écho aux relevés naturalistes terrestres réalisés dans le cadre de l’Initiative PIM (Petites Îles de Méditerranée), Septentrion Environnement s’intéresse à la flore et à la faune sous-marine des petits fonds côtiers des petites îles du parcours. A l’issue de cette campagne portant sur les îles toscanes et pontines, une cartographie générale du contexte écologique des îles pourra ainsi être dressée.

Pour réaliser cette étude, Solène, biologiste marin embarquée, procède à des observations en palmes-masque-tuba sur chaque site approché : identification des espèces, comptages de poissons, qualification de l’habitat-support de vie (le biotope) et des espèces associées (la biocénose). La prospection se fait « en étages » depuis la surface jusqu’au fond. Les populations d’espèces sont étudiées et leurs « paramètres de vie » sont relevées (température, profondeur, exposition à la lumière, courant …).

Il faut aiguiser son regard, décrypter l’écologie du paysage, saisir la fugacité du jeune mérou, et percer du regard les enchevêtrements dans l’herbier et les algues touffues.

L’équipement en « palmes-masque-tuba » permet d’approcher au mieux les faibles profondeurs, fonds de calanques et petites criques sur lesquelles porte l’étude. En effet, c’est sur la bande côtière que se concentre une très forte diversité d’espèces sous-marines en lien avec la multiplicité des habitats qu’elle offre : des zones d’abris pour s’alimenter, se reproduire et grandir, au sein des herbiers de posidonie, de champs d’algues, d’infractuosités de toutes dimensions à obscurité variable, ou encore de surplombs rocailleux… Et c’est également sur cette même bande côtière que les pressions liées aux activités humaines sont les plus fortes.

Ainsi, entre richesse et fragilité, l’observation scientifique est fructueuse !

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Ponza : pêche et identité insulaire

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Un article de Brigitte Marin, avec la collaboration de Solène Basthard-Bogain.

« Tutti andiamo a pescare » (nous allons tous à la pêche), nous déclare Umberto… Et « il mare è lavoro, l’abbiamo sempre visto come lavoro » (la mer est travail, nous l’avons toujours vue comme un travail).
En effet, dès le XVIIIe siècle, lors du peuplement de l’île par les Bourbons, les communautés installées pour mettre cette terre en cultures se tournent vers les ressources de la mer. Les familles d’Ischia qui s’implantent dans la zone du port à partir de 1734 avaient l’expérience de la pêche à la langouste, tandis que les habitants originaires de Torre del Greco, près de Naples, arrivés ensuite sur l’île dans la localité appelée Le Forna étaient, traditionnellement, des corailleurs. Comme nous avons pu l’observer lors des entretiens conduits auprès des pêcheurs, la mémoire des origines s’est certes estompée, mais on sait encore identifier dans le nom des familles ces provenances. En outre, la localité Le Forna reste bien distincte de celle du port, où se sont développées les activités du commerce et du tourisme.

La grande époque de la pêche à la langouste, à partir des années 1930, est encore présente dans les mémoires comme un moment faste. Embarqués dès l’âge de 10-11 ans, sur des bateaux dont les hommes d’équipage étaient souvent parents, les pêcheurs s’absentaient plusieurs mois à partir du printemps. C’est la raison pour laquelle San Silverio, le Saint Patron de l’île (pape décédé à Palmarola), est encore célébré à Le Forna le dernier dimanche de février, alors que sa fête, sur le calendrier, est le 20 juin. En effet, comme la date officielle se situait en période d’absence, ces communautés de pêcheurs l’ont déplacée juste avant le temps, autrefois, des départs pour la saison de six mois de pêche à la langouste sur les côtes sardes.

La Sardaigne était la destination privilégiée, mais ils pouvaient aller plus loin encore, jusqu’à l’île de La Galite au nord de la Tunisie. Raffaele Vitiello fut le premier habitant de Ponza à commercialiser les langoustes à Marseille, où elles étaient transportées sur des bateaux-viviers. Après lui, les Sandolo, installés à Marseille, développèrent ce commerce.

Pendant l’hiver, le travail agricole et la petite pêche reprenaient autour de Ponza. A 86 ans, I. Andreani se souvient du tour de Sardaigne fait tous les mois, de février à octobre, pour charger les langoustes afin de les conduire sur le littoral français. En retour, des anguilles destinées à la consommation des Napolitains et des Sardes étaient chargées en octobre, à Sète ou à Port de Bouc.

Aujourd’hui, sur des embarcations de 15 mètres au plus, avec 4 hommes d’équipage, les pêcheurs de Le Forna se dédient à la pêche à l’espadon, l’été, et au merlu, l’hiver, lorsque ces poissons se concentrent pour la ponte. C’est à la fin des années 1960 que les pêcheurs calabrais et siciliens qui fréquentaient les eaux pontines à la poursuite des espadons ont diffusé cette pêche parmi les Ponzesi. Ceux-ci utilisèrent d’abord des palamiti (palangres), puis des filets dérivants à grandes mailles, les spadare.

Jusque dans les années 1990, les pêcheurs gagnaient convenablement leur vie avec cette pêche. Mais ces filets sont interdits depuis 2001 ; la pêche se fait désormais au palangre, et il leur faut acheter les appâts (maquereaux, calamars congelés).
La sensation de précarité, le sentiment d’exercer une activité en déclin et au futur incertain, se sont encore accrues aujourd’hui par rapport aux observations de Luisa Moruzzi* au début des années 1990, lorsqu’elle avait mené une enquête approfondie sur les pêcheurs de Cala Caparra, et étudié les représentations de leurs activités et de l’environnement où elles se déployaient.

La mer « deve rendere » (doit rendre) nous dit l’un des pêcheurs, mais les normes actuelles ne le permettent guère, et les reconversions ne sont pas aisées. Tous les pêcheurs interrogés se plaignent de ne plus pouvoir pêcher le thon comme le faisaient les générations antérieures sur les mêmes embarcations, en raison de la distribution de quotas dont ils sont exclus. Aussi, en cas de prise accidentelle, le poisson, mort, doit-il obligatoirement être rejeté à la mer. La colère monte lorsqu’ils évoquent les bateaux-usines japonais qui, il y a une dizaine d’années, venaient à la limite des 20 miles faire des pêches intensives en recherchant les bancs à l’aide de repérages aériens. Ils dénoncent aussi les chalutiers, venant des côtes proches, dont les filets détruisent les fonds.

Nous avons également rencontré, amarré au port à côté de notre bateau, le Rita Madre et son équipage qui, parti de Sicile pour quatre mois, pêche la crevette avec des nasses sur des fonds de 100 à 200 mètres (une pêche que les Ponzesi ne pratiquent pas). Ils se dirigeront dans les jours qui viennent sur le littoral du Latium, puis en Sardaigne.

Alors qu’une dizaine d’embarcations (équipage de 13 personnes) étaient équipées pour le pesce azzurro (anchois, sardines), il y a une quinzaine d’années, il n’y en a plus que deux aujourd’hui ; le métier est dur et s’épuise. Nous avons pu observer les lamparos sur le port.
Si près de 800 personnes travaillaient dans le secteur de la pêche dans les années 1980-1990, il n’y a en plus que 100 à 150 aujourd’hui, et le tourisme est devenu l’activité principale sur l’île.

D’autres espèces sont également péchées : les poissons de roche dits ‘de soupe’, les sabres, les sérioles-limons, les picarels (zerri, ou rutunni en dialecte ; un dicton local, pour indiquer le caractère doux des Ponzesi, dit qu’ils ont le sang des picarels). Un pêcheur a pris l’an dernier parmi une soixantaine de kilos de sérioles-limons, une espèce « qui lui ressemblait », mais inconnue de lui : des caranx hippos, d’après la description et les photos. En revanche, les costardelli (orphies), objets d’une pêche autrefois appréciée, ne se trouvent presque plus.
Si la petite pêche est vendue directement aux poissonneries, le pesce azzurro est acheminé à Terracina, les merlus sont distribués auprès des grossistes de Formia, Naples, Pozzuoli par les poissonneries locales, et des commerçants viennent en camions frigorifiques l’été s’approvisionner en espadon.

Les circulations des pêcheurs sont intenses, entre diverses îles et points de la côte en Méditerranée ; ils pratiquent des eaux parfois éloignées de leur port d’attache, comme en témoignent les nombreuses communautés de Ponzesi, dans l’archipel toscan et la Sardaigne. Avec leurs bagages techniques, ils sont aussi porteurs d’une connaissance fine du milieu marin fondée sur l’expérience et la pratique. Un riche patrimoine de savoir-faire, de classifications des poissons fondées sur l’interaction entre les hommes et la ressource marine, d’organisations mentales du milieu marin, a été transmis oralement et par l’expérience dans ces petits métiers. Ils sont aujourd’hui certainement menacés car l’activité n’assure plus des revenus suffisants, mais sont à prendre en considération pour l’adaptation des normes nationales et européennes à la réalité des contextes locaux.
*Luisa Moruzzi, « Rutunni e pisce spada. La classificazione dei pesci tra i pescatori di Ponza », L’uomo. Società tradizione sviluppo, IV, 2, 1991, p. 271-307.

 

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Des îles dans l’histoire (II)

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Les îles Pontines.

Un article de Brigitte Marin.

 

Pointes avancées des dominations territoriales, comme en témoignent les fortifications anciennes de leurs reliefs, les îles furent le décor de grandes batailles navales qui marquèrent le cours de l’histoire méditerranéenne.
Palmarola, aujourd’hui réserve naturelle, tire son nom du palmier nain (Chamaerops humilis) qui pousse sur ses pentes à pic, dont la limite nord connue à ce jour se situe à Cerboli (archipel toscan). Aussi l’équipage y fait-il une halte pour des relevés naturalistes sur quelques petits îlots qui l’entourent. C’est à proximité qu’en 1757 la flotte napolitaine – Charles de Bourbon, souverain de Naples à partir de 1734, était entré en possession de l’archipel des Pontines hérité de sa mère, Elisabeth Farnèse –, soutenues par des galères pontificales et maltaises infligèrent une défaite aux navires ottomans, assurant ainsi une nouvelle tranquillité à ces eaux, condition pour leur repeuplement.

En effet, ces îles avaient été très anciennement occupées, depuis le néolithique, et d’abord par les Volsques dans l’Antiquité. Escales commerciales pour les Phéniciens, puis colonisées par les Grecs, elles furent aussi fréquentées par les Romains, à la fois comme lieu de villégiature et de confinement. A Ponza, les restes de villas romaines, comme celles du Ier siècle situées sur la colline de la Madone, un aqueduc et les citernes nécessaires dans une île privée d’eau, sont autant de témoignages de ces installations antiques. Le nom même de Ponza dériverait du reste du grec Pontos, la mer, à la fois puissance naturelle et divinité primitive, engendrée selon la mythologie, au commencement de l’univers, par Gaia, la terre, « le plancher du monde », et par Ouranos, le ciel. Si au Moyen Âge une certaine prospérité est entretenue dans cette île, la plus grande de l’archipel, par les moines bénédictins, puis cisterciens, des incursions barbaresques répétées désolent les lieux : celle de Barberousse en 1534, de Dragut en 1552 restent les plus fameuses, mais le XVIIe siècle en connut encore. Les habitats creusés dans la roche à Palmarola servaient de refuge lors de ces épisodes.
On doit donc aux Bourbons une exploitation plus intense des îles Pontines avec, sous Ferdinand IV, dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, une colonisation, d’abord par un premier groupe de familles venues d’Ischia, puis par des habitants provenant de Torre del Greco, à proximité de Naples. Une centaine de forçats furent employés aux travaux publics, notamment des fortifications et du port, sur l’emplacement de celui, bien conservé, du port antique romain.
Avec le pénitencier de l’îlot de Santo Stefano près de Ventotene, construit à la fin du XVIIIe siècle, et le confinement à Ponza des opposants au régime fasciste à partir de 1928 (parmi lesquels des protagonistes de premier plan de la république italienne après-guerre), avant que Mussolini lui-même n’y soit emprisonné entre juillet et septembre 1943, l’isolement maritime prend ici le visage de la réclusion carcérale, une dimension profonde, de longue durée des cultures insulaires en Méditerranée, sans doute encore trop peu étudiée.

  • Matériel pêche post-larves
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Ecocean en mission avec Sillage

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Un article d’Amélie Fontcuberta.

L’installation d’habitats artificiels en zones marines aménagées (Biohut), et la capture et l’élevage de post-larves de poissons (technique de la PCC : Post-larves Capture & Culture), sont les deux principaux corps de métiers de la société Ecocean. Travaillant avec des partenaires techniques et scientifiques, Ecocean cherche à améliorer jours après jours ses connaissances sur la thématique de la dispersion larvaire et du recrutement ichtyologique (arrivée des post-larves de poisson à la côte). Les questions comme : « D’où viennent les mérous qui reviennent à la côte ? », « Quelles espèces pondent, où, et à quel moment ? », ou, d’un point de vue plus technique, « A-t-on développé un engin de pêche universel et adapté à tous les milieux et toutes conditions ? », animent et font avancer l’équipe d’Ecocean.
C’est ainsi l’occasion pour Amélie de participer à la mission SILLAGE avec l’objectif de tester les techniques de capture d’Ecocean en condition embarquée, et d’acquérir des nouvelles données post-larvaires dans une zone géographique encore peu étudiée. Au cours de cette expédition, les « CARE » d’Ecocean, engins de pêche lumineux spécifiques, sont donc utilisés pour capturer des post-larves et ainsi collecter des informations sur le recrutement ichtyologique dans la zone. Après chaque nuit de pêche, les post-larves capturées sont identifiées, mesurées, photographiées et comptabilisées avant d’être remises en mer. En parallèle de ces captures, des suivis à la côte sont réalisés par des observations en apnée, toujours par identification et comptage des post-larves installées le long des petits fonds côtiers rencontrés.
Outre la récolte de données scientifiques et écologiques, la mission SILLAGE est également une belle opportunité pour Ecocean s’approfondir ses connaissances sur les techniques de pêche pratiquées en Méditerranée et, ainsi, d’aller à la rencontre de ceux que nous souhaitons encourager et protéger : les pêcheurs de petits métiers.

L’Initiative PIM

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L’Initiative PIM (Petites Îles en Méditerranée).

Un article de Orianne Crouteix.

 

Depuis une dizaine d’années, la délégation Europe et International du Conservatoire du Littoral coordonne l’Initiative PIM (Petites Îles de Méditerranée). L’objectif de cette initiative est de réunir des naturalistes aux compétences variées et des gestionnaires afin de protéger ces micro-espaces insulaires.
Pour l’Initiative PIM, une île est un espace terrestre accueillant à minima une plante ou une autre espèce terrestre patrimoniale, clairement identifiée et détachée d’une autre zone émergée (éloignée de plus de 5 mètres et avec au moins 50 centimètres de profondeur) et incluant la frange marine qui l’entoure (jusqu’à une bathymétrie de -50 mètres et jusqu’à un mile de distance autour de l’île). L’Initiative PIM s’intéresse aux îles de moins de 1000 ha.
Ces petites îles souvent inhabitées sont des zones de refuge de certaines espèces emblématiques de l’espace méditerranéen. Il s’agit aussi de systèmes écologiques simplifiés où le nombre d’espèces différentes qui coexistent est moindre que sur le continent. Elles sont ainsi de véritables « laboratoires » vivants. On parle aussi de « hotspot2 ».
On recense actuellement 1100 PIM sur le bassin occidental méditerranéen. Ce recensement est un travail inédit et complexe. En effet, ces îlots sont souvent absents des cartes classiques et on ne les repère pas forcément sur google earth, comme par exemple Scoglio Botte entre Ponza et Ventotene, dans les îles Pontines. Les cartes marines semblent tous les recenser puisque ces îlots sont dangereux pour la navigation.
Pour finir d’identifier chaque îlot, il est utile de connaître son nom et un travail de toponymie est parfois nécessaire. Les hommes nomment les éléments du paysage selon l’intérêt qu’ils leur portent ; ces îlots peuvent être par exemple un lieu de croyances ou d’un usage spécifique et exploités par l’homme, ils ont alors un nom singulier. Mais souvent ces îlots sont très difficiles d’accès et ne sont nommés que de façon générique comme par exemple « écueil », « île », dans les différentes langues du bassin méditerranéen. Par exemple, dans les eaux italiennes, traversées par Sillage-Odyssée. il existe de nombreux « Formiche », « Scogli » et « Faraglioni », quelquefois associés au toponyme de l’île principale (par ex. Formiche di Ponza) ou d’un lieu-dit,
Une fois ce travail de recensement et de toponymie réalisé, il est possible d’étudier ces espaces et de les décrire, notamment en inventoriant la biodiversité terrestre et marine qu’ils abritent. L’objectif de l’Initiative PIM est de réaliser un atlas encyclopédique qui réunira les connaissances disponibles sur ces îles à destination des gestionnaires afin de protéger ces espaces particuliers, refuges d’une biodiversité menacée.

 

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  • Scoglietto de Portoferraio
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  • île Palmarola
  • île Palmarola -archipel des Pontines

Des îles dans l’histoire (I)

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Un article de Brigitte Marin.

Pas une portion du littoral de la Méditerranée, mer entre les continents, qui ne se découpe, ne se fragmente en îles, en îlots et en récifs souvent périlleux pour la navigation. Comme l’affirmait Fernand Braudel dans sa monumentale étude, « La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II », parue après la Seconde Guerre mondiale, « les îles méditerranéennes sont plus nombreuses et surtout plus importantes qu’on ne le suppose d’ordinaire ». On retient le plus souvent les plus larges, petits mondes à part entière : la Sardaigne, la Corse, la Sicile, la Crète, Chypre… D’autres, moins étendues, constituent des archipels, aux traits géologiques parfois exceptionnels comme les îles éoliennes au large de la Sicile. Divers traits les distinguent, selon leur éloignement de la côte, leur accès plus ou moins aisé, leur place dans une constellation d’îlots ou leur solitude dans l’espace liquide.
Dans l’archipel toscan et dans celui des îles Pontines, traversés par Sillage-Odyssée, l’agrégat d’îles se fragmente en une poussière de petits îlots et d’écueils (les formicche, les faraglioni, etc…) sur lesquels l’expédition réalise des relevés naturalistes, dans le cadre de l’inventaire de ces habitats, refuges d’une biodiversité à protéger, qu’a lancé le Conservatoire du Littoral : l’initiative pour les « Petites îles de Méditerranée » (PIM).

L’importance historique des îles vient de ce qu’elles ont extraordinairement favorisé les contacts, la connexion des différentes micro-régions méditerranéennes entre elles, les flux et les échanges, en servant de point d’appui à la navigation ancienne, ce cabotage qui porte de promontoire en île, de rocher en rocher. La mer s’anime le long des côtes ; et selon les mots encore de Braudel, les îles ont été d’indispensables escales le long des chemins de la mer et dessinent entre elles, ou aux abords du continent, des plaines d’eaux relativement calmes, recherchées par la navigation et favorables à l’exploitation des ressources marines. D’où ce paradoxe. Ce sont souvent, d’une part, des terres âpres et misérables, où la vie reste précaire, et pour cette raison des terres d’émigration. Nombre d’entre elles demeurèrent peu occupées encore jusqu’aux XIXe et XXe siècles, car leurs populations étaient régulièrement menacées aux siècles précédents par les pillages et les captures des pirates barbaresques. Leur isolement en fit aussi, dès l’Antiquité, des lieux de relégation et d’exil, ou encore des pénitenciers. Moines ou ermites y trouvèrent des milieux favorables à la retraite, à la prière et à l’expiation. Conservatoires de traditions et d’usages dus à un certain repli, elles ont d’autre part aussi tenu un rôle de premier plan sur la scène de l’histoire, pour les communications, les échanges, les transferts qu’elles ont soutenus. Ainsi, « un secteur de grande histoire se surajoute à leur existence ordinaire » (F. Braudel).

 

  • Conférence à Bastia
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Conférence « Impacts des changements globaux »

Les impacts des changements globaux sur le littoral et les îles.

Conférence à Bastia le 1er Octobre, un article d’Orianne Crouteix.

 

Animée par Fabrice Bernard (Conservatoire du littoral), avec la participation de : Thierry Tatoni et Frédéric Médail (IMBE -Université Aix-Marseile), Camille Guillemette et Patrick Belz (Conservatoire du Littoral), Solène Basthard-Bogain (Septentrion Environnement), Yoan Petit (Conservatoire Botanique National de Corse) et Pierre Boissery (Agence de l’Eau).

Qu’est ce que les changements globaux ?
Dans changements globaux, on comprend le réchauffement climatique dû à l’augmentation de l’effet de serre, les espèces invasives et les impacts de l’homme tels que la surexploitation des ressources naturelles, l’urbanisation, etc … Les changements globaux concernent les habitats marins et terrestres.

Pourquoi s’intéresser au littoral et aux îles ?
Le littoral méditerranéen est un « hotspot » de biodiversité, c’est-à-dire qu’il y a un fort taux d’endémisme : beaucoup d’espèces n’existent que sur le pourtour méditerranéen. Cet espace, très particulier, est très menacé : l’urbanisation incessante, l’importance du tourisme, l’érosion ne sont que quelques exemples des pressions qu’il subit.
La Méditerranée est aussi constellée de petites îles. Ces îles en parties préservées de l’urbanisation et des flux touristiques sont le refuge de certaines espèces emblématiques de l’espace méditerranéen. Ces petites îles ont aussi des systèmes écologiques simplifiés où le nombre d’espèces différentes qui coexistent est moindre. Elles sont ainsi de véritables « laboratoires », et peuvent permettre de comprendre les impacts des changements globaux sur les grandes îles ou sur les continents.

Pour expliquer l’importance de protéger la biodiversité, la notion d’interdépendance avec l’Homme a été évoquée dans les discussions de cette conférence. Les hommes ont besoin de la biodiversité terrestre et marine dans leur quotidien (nouvelles molécules, alimentation, bien-être…) et certaines espèces ne survivent que parce qu’une activité humaine maintient leur habitat (par exemple les plantes qui ne vivent que dans les prairies méditerranéennes entretenues par le pastoralisme).

Certains participants de la conférence pensent qu’aujourd’hui on connaît suffisamment bien ces espaces, que les scientifiques les ont bien étudiés et qu’il appartient dorénavant aux politiques d’agir. Alors que d’autres participants pensent au contraire qu’il manque encore beaucoup d’informations, notamment sur les petites îles et sur les espaces marins. Cependant, tous sont unanimes sur le fait que les recherches scientifiques sont nécessaires pour éclairer la société. Les décisionnaires ne peuvent mettre en place de bonnes solutions qu’en s’appuyant sur les données scientifiques et suite à une demande forte des acteurs de la société civile.

Quelles solutions face aux changements globaux ?
Plusieurs aspects ont été évoqués. La sensibilisation environnementale est une solution qui peut paraître inefficace pour certains face à l’urgence qui existe, parce que les problèmes sont actuels et que la génération qui est la plus sensibilisée ne sera en position de décision que dans 10 ou 20 ans.
L’ingénierie technique telle que la restauration écologique (c’est-à-dire recréer un habitat, comme par exemple une zone humide ou des rochers artificiels) a été plébiscitée par certains participants alors que d’autres estiment que la destruction d’un habitat est irréversible et que l’ingénierie écologique n’est pas efficace.
Une solution souvent mise en place concernant les questions environnementales est la réglementation et les contrôles. Cette solution demande des moyens logistiques et financiers importants et elle est souvent mal acceptée par la société civile.
Le débat a été intéressant, et a montré l’importance de rechercher un équilibre entre toutes ces actions, et d’en proposer de nouvelles, complémentaires.

 

  • Capraia
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Capraia : petit résumé des observations et sondages

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Un article de Leïta Tschanz.

 

Capraia est une île géographiquement isolée, dépendante du tourisme et du continent, où les habitants se sentent très proches de la nature et comprennent que c’est un atout pour eux. Cette île fait partie du Parc de l’archipel Toscan et les habitants sont sensibilisés à la présence de ce parc malgré l’absence d’agent. On constate, grâce aux sondages, que les habitants sont partagés entre la volonté de protéger et les contraintes que cela implique sur leurs activités et l’accès à certaines zones de l’île (impossibilité de pêcher, de nager et de se promener dans certaines zones). Capraia est aussi une île anciennement carcérale où les prisonniers travaillaient la terre. Il reste les vestiges de la prison, des systèmes agraires en terrasse et aussi des systèmes d’irrigation qui ne sont plus utilisés de nos jours.
L’île se découpe en trois parties : le port, le village plus en hauteur où se trouve habitations et commerces et le reste de l’île, inhabité, protégé où la nature foulée par quelques trekkeurs, suit son cours.
Le port, petite anse naturelle aménagée dans lequel se jette une rivière, abrite une activité de plaisance constituée de petites embarcations bois et plastique pour la pêche récréative, et plus accessoirement quelques voiliers. Une activité de pêche professionnelle occupe le quai central accueillant 5 bateaux en activité ; il s’agit essentiellement de petits métiers côtiers pratiquant les filets pour la langouste et pour la « soupe » (trémail), puis les palangres pour les poissons pélagiques et de grands fonds : espadon, dorade rose, sabre… Un territoire de pêche leur est réservé en aire protégée à partir de 1 mille nautique des côtes tandis que les « non résidents » doivent repousser leurs cales à 3 milles de la même zone. On peut noter la présence d’une ferme aquacole originale, projet pilote installé en partenariat avec l’université et géré actuellement par les deux pêcheurs initialement associés au projet. Cette ferme située dans la zone de réserve suit une démarche écologique environnementale. L’activité plaisance accueille quant à elle de nombreux bateaux favorisant ainsi un travail saisonnier d’avril à octobre, renforcée par un petit camping et des locations sur le port offrant un hébergement touristique.