Un regard masculin

Par Frédéric Buet.

D’abord enthousiasmé par l’émotion du départ et les articles parus sur Internet, j’ai eu la chance de partager quelques moments de la vie à bord de Sillage à la fin de son voyage. Si quelqu’un doutait de la capacité de ces femmes à mener une telle expédition… qu’il parle maintenant ou se taise à jamais !

J’ai tout d’abord découvert une ambiance studieuse, concentrée, des intelligences en effervescence, les yeux rivés sur des écrans des ordinateurs ; puis, soudainement, des éclats de rires joyeux et nourris. Assurément l’atmosphère est chaleureuse à bord de Sillage. Les heures de travail défilent sans paraître laborieuses, les journées sont longues et le temps de sommeil compté. Les corps et les esprits peuvent être fatigués par un mois de mer dans des conditions météorologiques souvent compliquées (vent fort, pluie…), et malgré cela, personne ne se ménage à bord, chaque jour apporte son lot de surprises, de nouvelles idées, d’échanges constructifs, toujours ponctués d’éclats de rires. La capacité de travail est impressionnante et les efforts incessants pour nous faire partager leur aventure (rechercher une connexion internet, éditer un billet, finir une vidéo dans les temps…).

L’équipage évite parfaitement les écueils du conflit ou de l’ennui, et le mode de « gouvernance » constituerait à lui seul un beau sujet d’étude tant il semble porter ses fruits. Il est impossible ici de relater tous ces petits moments forts qui jalonnent LA VIE à bord de Sillage : Brigitte qui présente avec passion son dernier billet à l’équipage, Prune qui dans 30 nœuds de vent et une mer formée travaille sans relâche à monter sa vidéo, Nathalie qui prépare un gâteau pour l’anniversaire d’Orianne … Impossible de faire une sélection, la bienveillance de toutes est omniprésente pour assurer une cohésion exceptionnelle. Corporate les Girĺs !
Humbles et modestes, elles réalisent doucement, arrivées à Porquerolles, l’immensité du travail accompli, pourvu qu’elles gardent leurs petites étoiles au fond des yeux, guides de leurs prochaines aventures merveilleuses.

Immense BRAVO ET MERCI à vous toutes pour cette expédition qui continue de nous faire rêver.

Le regard « sensible » du bord

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Sillage, c’est certes une expédition scientifique, nous voulions cependant retranscrire cette expédition par une autre approche, par celle de Sabine Chautard, qui nous a accompagnées pendant un mois avec ses carnets, ses pinceaux, ses cartes marines …. Que de couleurs qui mettaient en relief les merveilles de notre méditerranée !

Dans les lieux les plus improbable elle se perchait et parvenait à trouver un angle particulier pour retranscrire et mettre en lumière.

Nous avons déposé Sabine sur le retour, chez elle, à Porquerolles où elle vit et travaille. Pour découvrir son atelier c’est ici : http://www.atelierdesabine.com/

Nous espérons pouvoir bientôt réaliser un carnet d’expédition avec les belles illustrations créées tout au long de l’expédition. Merci encore Sabine pour tous ces contenus !

IMGP7147Dessin départ MucemCetara -Nettuno

 

Retour sur notre compagnon de route le Catana 431

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Un article de la capitaine.

Notre Catana 431 est un multi-tools ! Il a été notre hôtel, notre show-room à matériel scientifique, notre abri anti-tempête, notre moyen de transport pour accéder aux endroits les plus inaccessibles et tant d’autres choses….Tout ça pendant plus d’un mois et avec 8 à 10 équipières à bord !

J’ai choisi un catamaran pour diverses raisons. Tout d’abord pour l’espace, chaque équipière pour son activité avait un maximum de matériel (filet à post larves, bouteilles, combinaisons de plongées, cameras, ordinateurs, appareils photos…). Par ailleurs, la stabilité des deux coques est plus rassurante pour les personnes qui n’ont jamais navigué, et me permettait d’emmener des personnes totalement novices en navigation. Enfin le catamaran, grâce à ses moteurs sous chaque coque est « assez facilement » manœuvrable seule ou à deux, enjeu de taille pour partir en expédition !

Les Catana sont des catamarans réputés pour leurs performances et leur excellente conception. Ils sont souvent choisis sur des programmes de navigation « tour du monde ». Catana s’est tout de suite senti impliqué aux côtés de Sillage pour les valeurs que l’expédition défendait. Etudier, sensibiliser, croiser les savoirs et trouver des solutions de développement durable pour la mer Méditerranée.

La taille du Catana (13m) était vraiment idéale, à 8 nous étions vraiment à l’aise. Pour l’intérieur : la cuisine est en longueur (et oui, même si je suis mauvaise cuisinière je parle de la cuisine ! ) ce qui permet de cuisiner à plusieurs et d’avoir un carré spacieux et agréable. Les  cabines arrières sont énormes (il nous est même arrivé de dormir à 3). Les 2 grands frigos et le freezer étaient presque trop luxe pour nos besoins, et nous avons gardé un peu d’énergie pour les cameras et appareils photo.

Pour l’extérieur, le Catana 431 est équipé de deux barres à roue ce qui est très pratique en navigation pour se positionner au mieux. Les écoutes et bosses passent sous le pont ce qui donne une note esthétique, et un plan de pont dégagé qui permet de circuler facilement. A la voile le bateau est bien équilibré, agréable à barrer, nous n’avons pas voulu le pousser mais il glisse facilement à 10 nœuds de vitesse de croisière. Les filles ont adoré jouer avec les vagues et les sensations de surf à plus de 15 nœuds dans un sentiment de confort et de sécurité. Il n’y a pas de winchs électriques mais on ne manquait pas de bonnes volontés et les manœuvres ont toujours été des moments joyeux et énergiques ! Enfin le gros plus est la dimension des salles moteurs, très spacieuses : les moteurs sont facilement accessibles de tous côtés. Vraiment pratique.

Encore un grand MERCI à notre partenaire Catana qui nous accompagné et soutenu tout au long de cette expédition !

MERCI aussi au Président Olivier Poncin de nous avoir fait confiance.

Pour mieux connaître les Catanas : www.catana.com/,    www.facebook.com/CatanaCatamarans

Pour les Catana d’occasion : www.catanaservices.com/,     www.facebook.com/Catana-Services

Vous pouvez aussi venir nous rencontrer sur le stand Catana au Nautic de Paris, du 4 au 13 décembre.

catana

Porquerolles

Fin de voyage.

Le journal de Cécile.

Lundi 26 octobre, en mer, 7h du matin, deux dauphins sautent pour un bonjour à Orianne à la barre : c’est son anniversaire ! Plus tard dans la matinée, le souffle d’un petit cachalot.
13h, Porquerolles au loin ; 15h, Cap des Mèdes ; Sabine a la larme à l’oeil … Une îlienne retrouve son île …
16h30, nous sommes arrivées. Nathalie a le sourire.

 

D’Elbe à Porquerolles

Classé dans : Journal de bord 2015 | 2

Capri, Elbe, Porquerolles : d’une île à l’autre.

Le journal de Cécile.

Vendredi 23, départ de Capri à 5h du matin pour Elbe. Arrivée le samedi à 16h, et mouillage à Marina di Campo, par mer d’huile dans la petite baie, contrastant avec la nuit agitée d’un bateau secoué dans lequel personne n’a dormi.
Soirée sur internet au bar du port, avec l’apéro offert par le patron à l’occasion de la demi-finale de rugby. Du monde dans la salle, mais on se concentre sur notre travail !
Dimanche 25, petit entretien sur le bateau, montée en haut du mât et à 10h30, cap sur Porquerolles. Journée tranquille au moteur, puis organisation des quarts de nuits ; prévision d’un vent annoncé de Nord Est à 20 nœuds en milieu de nuit (il n’est arrivé qu’à 6h). Belle lune avec grand halo lumineux, ballet de dauphins à minuit.

Naviguer de nuit.
« Partir, quelle que soit l’heure, c’est toujours une sorte de crépuscule.
Derrière soi, le quai, la ville, les amis, la chaleur, la lumière. Devant soi, ce qui n’est pas connu. Pour un jour ou pour un mois, l’imprévisible, l’obscur, autrement dit, la nuit. Et arriver, quelque soit l’heure, c’est toujours un peu une aube. ».
Jean-François Deniau.
Extrait de « La mer est ronde » dans la bibliothèque du bord.

 

Une journée à Capri

Journal de bord, par Cécile Régnier.

Partis de Naples jeudi 22 octobre au matin pour Capri, nous y étions à la mi-journée. Nous avons découvert une belle île escarpée et boisée dans ses hauteurs, et un funiculaire pour rejoindre le village à partir du port.
Beaucoup de monde en coeur de village, mais assez vite nous avons été seules à marcher dans les ruelles étroites bordées de beaux jardins dans les hauteurs, pour rejoindre la Villa Lysis, surplombant le port d’un côté, le Vésuve au loin de l’autre. Construite par un aristocrate, Jacques Fersen, en 1904, lieu de rencontres d’écrivains, poètes et artistes au début du 20e siècle, la résidence appartient maintenant à la mairie.
Nous sommes reçues par l’adjoint à l’environnement, Fabio De Gregorio, par Melania Esposito, de l’association de valorisation culturelle, APEIRON, et par Lucia Vitale responsable sur Capri de l’association de sensibilisation à l’environnement MAREVIVO. Leurs interviews filmées sont réalisées. Ils expriment tous leur attachement à l’île et leur engagement pour faire connaître son patrimoine hors des clichés et pour la protéger.

 

Escale à Naples (III) : accueil du public

« Futuro Remoto ». Information, sensibilisation, animation vers le public.

Un article de Sylvie Laurens et Cécile Régnier.

 

Dimanche 18, fin d’après-midi, tandis que dans les rues de la grande ville se poursuivent les enquêtes, Sillage-Odyssée, partenaire du festival « Futuro Remoto » (30 000 visiteurs dès les deux premiers jours…), est présent dans un double stand sous l’immense bulle bleue du pavillon « Mare ». Sabine, artiste embarquée à bord depuis le début de l’Odyssée, anime ce stand créatif destiné aux plus jeunes. La voile peinte par les petits napolitains viendra rejoindre celles réalisées plus tôt au cours des précédentes escales et contribuera à orner, au retour de l’expédition, une petite flotte d’optimists, qui reflétera l’extraordinaire variété des regards enfantins sur leur littoral, leur mer, leur faune et leur flore, de Marseille à Naples en passant par les petites îles. Le « Coffre de la mer », création du Réseau Mer de la Région Provence-Alpes Côte d’Azur partenaire de l’expédition, est présenté par Cécile, et compléte le dispositif pédagogique de sensibilisation du public à la biodiversité.

Ces mêmes activités sont proposées le lundi 19 octobre à une classe primaire du lycée français, ainsi que la visite du catamaran aux classes du Liceo Fortunato. Au total, le catamaran et son équipage recevront à Naples 220 élèves. Une initiative rendue possible grâce au partenariat avec l’Institut français et l’implication de Christophe Chillio, Atttaché de coopération pour le français.
Ce même jour à 11h, à l’Accademia delle belle Arti et dans le cadre du partenariat avec « Futuro Remoto », le grand public est invité à écouter une conférence consacrée aux fouilles du port et à la découvertes des navires antiques : « Il paesaggio costiero di Neapolis : lo scavo dell’antico porto e delle barche ». Une conférence de A. Campanelli (sop. Archeologia della Campania), D. Giampaola (Isp. Sop. A. della Campania) et G. Boetto (CCJ, MMSH).

Les activités pédagogiques se poursuivent le mardi 20 au matin, et l’après-midi se tient, à l’Institut français, une rencontre scientifique sur « Les patrimoines littoraux face aux risques », organisée par le Centre Jean Bérard (USR 3133, CNRS – Ecole française de Rome), le Consulat général de France à Naples et l’Institut français, la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, en collaboration avec la Surintendance archéologique de la Campanie, la Surintendance archéologique de Pompéi, le Conservatoire du Littoral et l’Istituto di studi sulle società del Mediterraneo (ISSM,CNR). Un thème particulièrement adapté à la côte napolitaine, soumise à des risques géologiques et écologiques multiples, sur la longue durée de l’histoire de son anthropisation. La table ronde aborde les questions complexes des formes de gestion et de protection des patrimoines littoraux (archéologiques, naturels, environnementaux).

Mercredi 21 : avitaillement du bateau, travail personnel de l’équipage, cocktail de départ au Consulat.

Jeudi 22 octobre, 9h : dernière photo sur le quai avec le Commandant Marcello de Bonis qui a été un hôte très dévoué et sympathique et nous faisons cap sur Capri.

Nous remercions vivement l’ensemble des partenaires et des contributeurs, grâce auxquels le programme de l’escale s’est déroulé dans les meilleures conditions. Des documentaires vidéo et des textes scientifiques seront mis en ligne ultérieurement pour approfondir les différents sujets traités.

 

Escale à Naples (II) : le village de Cetara

Cetara et la fabrication de jus d’anchois.

Un article de Sylvie Laurens.

 

Le dimanche 18 octobre, l’équipe prend la route pour Cetara, en compagnie de l’archéologue Emmanuel Botte (CCJ, MMSH) qui a fait spécialement le déplacement depuis le chantier de fouille qu’il dirige actuellement en Croatie. Nous retrouvons sur place l’archéozoologue Alfredo Carannante ainsi que Jean-Pierre Brun, professeur au collège de France, pour des entretiens croisés, visant à tirer le fil depuis l’antiquité jusqu’à nos jours : du garum à son équivalent contemporain, la « colatura di alici » (jus d’anchois).

La « colatura di acili » est une spécialité bien connue de Cetara dont la production est aujourd’hui assurée par l’entreprise Nettuno : Giulio Giordano a illustré toutes les phases de cette fabrication, et les singularités de ce savoir-faire ancestral. Dans sa famille, on exerce ce métier depuis trois générations. Fondée sur les ressources halieutiques locales, la pratique est unique en son genre, hier comme aujourd’hui. Pour produire 1,6 litre de « colatura », une vingtaine de kilos d’anchois, 4 mois de salaison, et une longue maturation sont nécessaires. Dans l’Antiquité, nous apprend Alfredo Carannante, le garum était utilisé bien plus largement à la place du sel, en raison de ses exceptionnelles vertus, aujourd’hui attestées (pauvre en salinité, riche en Omega 3).

 

Procida, un accueil chaleureux

Journal de bord : Procida le 15 octobre. Par Cécile Régnier.

Accueil chaleureux de la municipalité sur le quai, avec Mme l’Adjointe à l’environnement ceinte de son écharpe.
Procida est une île très densément habitée, 12000 personnes pour 4km2, ce qui en fait l’île la plus habitée en Europe avec des enjeux environnementaux importants qu’ont décidé de relever la nouvelle équipe municipale.
Beaucoup de rencontres sympathiques lors de notre journée sur l’île : avec une partie des jeunes adjoints municipaux, avec les collégiens, lycéens et leurs enseignants lors de la table ronde du matin (cf autre article) ; avec Domenico, plongeur, qui a emmené Solène et Amélie découvrir l’île sous-marine ; avec Rossela qui a longuement présenté à Cécile les activités de l’association de sensibilisation à l’environnement de son île et la petite île protégée voisine, Vivara (Associazone Vivara Onlus – Amici delle piccoleisole). Nous avons pu lui remettre de la part du Réseau Mer une série de livrets de la collection « Cap sur … » et le « Coffre de la Mer ».
L’atelier « Petite voile peinte » a été possible dans le club d’aviron où nous avons pu présenter toute les voiles peintes depuis le départ, et l’atelier « Biodiversité » a été proposé à bord pour une classe primaire du village. Nous avons présenté l’expédition avec la visite du bateau aux classes, à nos contacts et à quelques curieux rencontrés sur le quai.
Nous les remercions tous de leur accueil et de leurs bouteilles de Limoncello lors du départ !

Vendredi 16 matin : départ pour Naples en longeant les Champs Phlégrens (article à venir).

 

Escale à Naples (I) : l’arrivée

Classé dans : Journal de bord 2015, Sciences | 2

Les 16 et 17 octobre : l’arrivée à la base navale, la découverte du port antique.

Un article de Sylvie Laurens.

 

Après Marseille, Sillage-Odyssée aborde les rivages d’une autre grande ville, Naples, une agglomération de 3 millions d’habitants. Dans cette métropole, où tragique et sublime semblent se côtoyer, la splendeur des paysages et de l’architecture se mêle au chaos urbain. La vie est là, grouillante et chaleureuse, entre Vésuve et mer. Dans cette ville changeante comme le temps qu’il fait, il convient d’épouser le courant. Et c’est ce que nous ferons tout au long de cette escale.

Arrivé à bord du catamaran Catana le mercredi 16 octobre vers 17h, l’équipage de Sillage était attendu par les plus hautes autorités de la Marine militaire napolitaine : les amiraux Marzano et Caruso, le commandant de Bonis. Le Consul de France, parrain de cette étape, était également présent pour accueillir l’équipage, ainsi que des représentants des principaux partenaires pour cette escale : le Centre J. Bérard, dirigé par Claude Pouzadoux, l’Institut français, la Surintendance archéologique de la Campanie… Brigitte Marin, historienne qui a étudié Naples au XVIIIe siècle, a sollicité des chercheurs de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, comme des universités et organismes de recherche sur place, pour éclairer la complexité de ce littoral et de son occupation humaine sur la longue durée de son histoire. Dès le lendemain du brindisi qui salue cette arrivée, les activités s’enchaînent avec une grande intensité : un programme riche et varié qui conjugue actions scientifiques, actions pédagogiques et tournages.

Le samedi 17 au matin, l’équipe de Sillage effectue une visite commentée et filmée de l’exposition Stazione Neapolis, en présence de Daniela Giampaola, archéologue responsable du Centre historique de Naples, Surintendance archéologique de la Campanie, de Beatrice Roncella, archéologue, collaboratrice à la surintendance, et de Giulia Boetto, spécialiste d’archéologie navale (CCJ, MMSH). Elle s’est ensuite rendue sur le chantier du métro, piazza Municipio, qui a permis de renouveler complètement nos connaissances sur le port antique et la ligne côtière de Neapolis, la ville gréco-romaine. Comment ne pas être submergée d’émotion à la vue des traces les plus anciennes connues à ce jour du port romain et même hellénistique (IIIe s. av. J.-C.)…
Dans le même temps, le sondage auprès de la population effectué à chaque escale se poursuit.

 

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